Les premiers chiffres de croissance sont tombés pour les pays de la zone euro : si l’Allemagne a retrouvé un soupçon de vigueur (+ 0,5 % de croissance en 2025) et l’Espagne continue d’avancer (+ 2,8 %), la France et l’Italie ont ralenti (respectivement + 0,9 % et + 0,3 %). Au final, la zone euro continue de décélérer malgré une politique monétaire plus accommodante que les années passées.
Les estimations préliminaires de l'inflation du mois de février sont en demi-teinte : si l'Allemagne
rassure et voit l’inflation n'afficher que + 2,0 % en rythme annuel, la France, l'Italie et l'Espagne
voient leur inflation totale respective repartir à la hausse avec + 1,1 %, + 1,6 % et + 2,5
.
Ce léger regain d’inflation intervient dans un contexte de guerre avec l'Iran qui fait ressurgir
les craintes d'une flambée inflationniste liée aux matières premières : on observe une augmentation
de 60 % à 80 % pour les prix du gaz naturel en Europe en quelques jours seulement, soit l'une des
hausses les plus violentes depuis la crise de 2022 et le conflit en Ukraine. C'est en tout cas la
crainte principale liée à une guerre prolongée au Moyen-Orient (entrainant une baisse persistante
des approvisionnements en pétrole et en gaz en provenance de la région alors même que l'Europe doit
compenser la baisse des livraisons russes) comme l'avertit le chef économiste de la BCE, Philip Lane.
Mais ce ne sont pas seulement les prix de l’énergie qui inquiètent : matières premières, engrais, etc.
pourraient eux‑aussi voir leurs prix grimper en flèche à cause des ruptures de chaines
d’approvisionnement liées à la fermeture du détroit d’Ormuz. A suivre de près, d’autant qu’il est
peu probable que les entreprises aient la capacité à répercuter dans leurs prix de vente finaux
cette augmentation des matières premières !