Groupama Perspectives Sectorielles [GPS] - Numéro 16 - Octobre 2022
La lettre de conjoncture de Groupama Assurance-crédit & Caution



CONJONCTURE

Zone euro : une lente dégradation


La BCE accélère le resserrement de sa politique monétaire dans un jeu d’équilibriste entre lutte contre l’inflation et risque de forte récession.

Avec le ralentissement économique mondial, la crise énergétique et la guerre en Ukraine qui n’en finit pas, le risque d’une récession devient toujours plus prégnant.

Des dynamiques différentes pour les salaires et les prix

Au sein de la zone euro, l’inflation continue sa progression (+9,1 % sur un an en août) mais elle n’est toujours pas salariale : sur la même période, les salaires négociés ne progressent que de +2,1 %. À l’heure actuelle, l’inflation est toujours majoritairement importée sur le Vieux Continent via les prix de l’énergie (+38,6 % sur un an en août dans la zone euro). La zone Euro ne bénéficie même pas de la détente actuelle en raison de la dépréciation de l’Euro.

L’euro à la peine

En raison du durcissement tardif de la politique monétaire de la BCE (hausse de 75 points de base en septembre de ses trois principaux taux directeurs, maintenant compris entre 0,75 et 1,5 %) et de la dégradation abyssale de la balance commerciale extra-zone (-30,8 milliards d’euros avant l’été), l’euro a de grandes difficultés à se maintenir face aux autres monnaies de réserve (hormis face au Yen). Conséquence, la parité avec le dollar a été enfoncée et l’euro se rapproche du niveau de 0,95 dollar.

Vers la récession

Les indices PMI des directeurs d’achats continuent leur tendance baissière et pointent de nouveau vers la récession (en août, le PMI manufacturier tombe à 49,6 et celui des services, à 49,9), ce qui n’était plus arrivé depuis la pandémie de la Covid… Si pour le moment les indicateurs nous signalent plutôt une récession légère, elle pourrait très vite s’accentuer au moindre déraillement géopolitique ou monétaire.