Groupama Perspectives Sectorielles [GPS] - Numéro 14 - Février 2022
La lettre de conjoncture de Groupama Assurance-crédit & Caution



CONJONCTURE

Zone euro : une économie encore convalescente


En zone euro, les politiques publiques ont écarté bien des risques mais ceux qui restent (pénuries, prix de l’énergie, …) ne sont pas à sous-estimer.

Après une année 2021 exceptionnelle (+5 % de croissance), l’économie de la zone euro devrait poursuivre son rétablissement, avec une anticipation à +4,3 % pour 2022 selon l’OCDE et le FMI. Mais le ralentissement actuel du secteur des services, les pénuries dans l’industrie et l’inflation des biens de première nécessité (alimentation, transports, chauffage) poussent à penser que les prévisions sont trop optimistes.

L’envolée de la dette totale semble maitrisable

La crise sanitaire a entrainé l’accumulation de dette privée et publique sur le Vieux Continent, celle-ci ayant progressé de plus de +20 % du PIB depuis fin 2019. Pour autant, la hausse de la dette des entreprises est restée raisonnable grâce au soutien inconditionnel des gouvernements : elle n’a augmenté que de +10,8 % pour s’établir à 64,7 % du PIB. Les défauts de paiement du secteur privé sont donc peu probables dans un contexte où il est plus aisé de gérer un stock de dette publique que de dette privée.

Une désynchronisation inquiétante entre pays

La chute des indicateurs conjoncturels du secteur des services en Espagne et en Italie est à prendre au sérieux. Elle va rendre la tâche de la Banque Centrale Européenne ardue : si cette dernière augmente ses taux pour freiner l’inflation (la hausse des prix à la production a atteint un vertigineux +23,7 % fin 2021 sur un an, contre +4,9 % pour les prix à la consommation), elle risque de mettre en danger les économies italienne et espagnole qui ralentissent et doivent assumer des dettes importantes.