Groupama Perspectives Sectorielles [GPS] - Numéro 16 - Octobre 2022
La lettre de conjoncture de Groupama Assurance-crédit & Caution



FRANCE : DYNAMIQUES SECTORIELLES

L'agroalimentaire dans la tourmente


Le secteur agroalimentaire français doit faire face à deux enjeux simultanés, susceptibles de le fragiliser : la crise actuelle (inflation, pénuries, etc.) et la transformation induite par plusieurs évolutions législatives (Green Deal au niveau européen, loi Égalim en France…).

En cette rentrée, les ménages français pâtissent d’un niveau d’inflation (+5,8 % sur un an en août) qu’ils n’avaient plus subi depuis le milieu des années 1980. Ce à quoi s’ajoutent aussi les pénuries, celle de la moutarde ayant fait couler suffisamment d’encre… Dans ce climat délétère, la grande distribution, notamment accusée de pratiquer la “shrinkflation” (fait de réduire la quantité d’un produit tout en augmentant, ou en conservant stable, son prix), cristallise une bonne part des tensions !

La grande distribution au banc des accusés

Le mécontentement des ménages n’est pas totalement infondé : entre l’invasion de l’Ukraine (fin février 2022) et l’été (mois de juillet), les prix des produits agroalimentaires ont progressé plus rapidement dans la grande distribution (+5,7 %) que chez les autres détaillants (+4,9 %). Mais attention, en niveau, les prix restent moins élevés dans la grande distribution… Il ne s’agit que d’un rattrapage, partiel qui plus est.

Quid de la marge du producteur ?

En amont, on assiste depuis le printemps à un desserrement significatif de la contrainte sur la marge du producteur, avec des prix des intrants (mesurés par l’indice IPAMPA) qui progressent nettement moins rapidement que les prix en sortie de production (indice IPPAP). Cela constitue un signal plutôt positif.

Une filière en mutation

Depuis la loi Égalim2 (2021), le producteur peut, à l’occasion de renégociations commerciales, répercuter l’augmentation des coûts de production sur les commerçants. Avec cette évolution de la législation, la rémunération du producteur devrait être mieux protégée. Mais à l’avenir, il sera aussi plus difficile de savoir à qui bénéficient les hausses de prix…