A l’heure où nous écrivons, le conflit irano-américain n’est toujours pas résolu. Le cessez-le-feu, relativement respecté de part et d’autre, et la perspective d’un accord entre les deux pays permet de maintenir des prix du pétrole autour de 90$ le baril de Brent, loin des plus hauts atteints en avril (près de 135$). Pour autant, ces trois mois avec des prix du pétrole élevés pèsent sur l’économie mondiale. Plus ce moment de flottement dure, plus il sera violent pour l’économie mondiale et fera peser un risque récessionniste pour certaines économies, notamment asiatiques.
Si les premières retombées de l’augmentation des coûts de l’énergie sont là, elles sont pour le moment contenues. Les prix des matières premières hors énergie ont connu une hausse de 5 % entre mars et mai, avant de revenir sur les niveaux de début mars. Cette résilience des prix peut s’expliquer selon deux facteurs. Tout d’abord, la Chine, usine du monde, possède des réserves de pétrole conséquentes et peut maintenir des prix compétitifs. Ensuite, le détroit d’Ormuz représente 20 % du trafic maritime de pétrole, les autres voies n’étant pas affectées pour l’heure.
Les prix du transport maritime n’affichent pas la même résilience que ceux des matières premières industrielles. Si les faibles prévisions de croissance mondiale jouent un frein dans ce domaine, l’augmentation des prix du pétrole s’est belle et bien répercutées dans le fret. Le Baltic Dry Index (indice du fret maritime le plus suivi) a connu une hausse de 110 % depuis son point bas de janvier… Un maintien des prix du pétrole sur les niveaux actuels devrait se traduire de la même manière pour le fret.